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Jean Planque
« A l’échéance de la vie il n’y a aucune différence entre un bon et un mauvais peintre qui l’un comme l’autre ont (sic) tout donné à l’art. La différence existe pour le public seulement. Et surtout pour les marchands de tableaux ». Jean Planque

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Jean Planque, connu aujourd’hui pour l’incroyable collection qu’il a rassemblée tout au long de sa vie ne fut pas un collectionneur ordinaire. Si son parcours d’artiste est, de son point de vue, décevant, son œil de peintre lui a permis de voir chez les autres - les grands, les vrais créateurs - ce que lui ne parvenait pas à atteindre. Alors que Jean Planque travaille encore et encore, il ne sait pas se défaire de la manière d’un ou de l’autre de ces maîtres qu’il admire, il produit beaucoup mais ne crée pas son langage pictural propre. 
Extrait Planque, Mme Bossardet.


> Profession « artiste peintre ». Carte d’identité de Jean Planque, 1965

Ce n’est pas par dépit mais par passion qu’il se rapproche ainsi de grands artistes et courre les galeries. Il nourrit son œil insatiable, et sa perspicacité dans l’analyse de l’œuvre des autres le rend précieux aux marchands de tableaux. Il achètera ainsi pour le compte de galeries et surtout pour celui d’Ernst Beyeler entre 1954 à 1972 un nombre conséquent de tableaux. Objectif : acheter des tableaux chers à Paris pour les revendre encore plus chers à Bâle. Cette collaboration entre ces deux personnalités complémentaires fonctionne fort bien si bien qu’il est admis que le rôle de Planque est essentiel dans le parcours de la galerie Beyeler. 

« La galerie Beyeler sans Planque c’est rien ! » (Franz Meyer, Directeur honoraire du Kunstmuseum de Bâle, interviewé par Hungar

> Jean Planque et Ernst Beyeler, années 1970

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Né sans une famille simple de la campagne vaudoise, rien ne destinait pourtant le petit Jean à devenir cet œil reconnu par les plus grands artistes, dont Picasso et Dubuffet pour ne citer qu’eux. Il conseille les marchands mais également ces artistes qui écoutent attentivement la relecture que Planque fait de leurs travaux. Ce collectionneur « malgré lui » sait détecter les « tableaux lourds », ceux « qui sont habités ».  Sa passion seule le guide dans ses choix.

> Jean Planque, Cézanne à l'ouvrage, vers 1996, aquarelle

7 juillet 1910 Naissance à Ferreyres, Vaud. Deuxième d’une famille de six enfants.

1929 Diplômé de l’école de commerce de Lausanne, il suit attentivement l’actualité des galeries via leurs vitrines qu’il n’ose encore pas vraiment franchir.

1929-1932 A Bâle, il travaille dans les assurances, puis dans une fabrique de tuyaux. Rencontre Walter Schüpfer qui l’encourage à peindre et à fréquenter les expositions.

1933-1936 Faillite de la fabrique qui l’emploie et retour auprès de sa famille. Décès de sa mère. Prend en charge ses deux plus jeunes sœurs, travaille comme représentant de commerce chez un fabriquant de produits agricoles et enseigne le ski l’hiver.

1942 S’associe avec une banque genevoise et une fabrique de Sainte-Ursanne pour commercialiser la vente de chaux pour les paysans. C’est un succès, ses gains rapides lui permettent d’acheter ses premiers tableaux. Il rencontre René Auberjoinois, Henry-Louis Mermod, Charles-Albert Cingria, Albert Skira. Démobilisé pour raisons de santé, il s’installe à Ouchy (port de Lausanne) et peint intensément.

> Atelier de Jean Planque à La Sarraz

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1951-1952 A Paris, suit les cours de la Grande Chaumière, visite les musées, découvre l’art abstrait grâce à une exposition Manessier à la Galerie de France. Rencontre Suzanne Cisey qui devient sa compagne.

1954 Grâce à Walter Schüpfer, il rencontre Ernst Beyeler qui lui propose de collaborer avec lui. Planque est chargé d’acquérir à Paris des œuvres pour la galerie. Les commissions qu’il touche lui permettent d’enrichir sa propre collection.

1955-1958 Découvre plusieurs artistes nouveaux, comme Antoni Tapiès, Mark Tobey et surtout Jean Dubuffet. Fait la connaissance de Sonia Delaunay, Jean Bazaine, Roger Bissière, Kosta Alex, Alberto Giacometti.

1960 7 juillet, jour de ses 50 ans, il rend visite à Picasso à son domicile de « La Californie » avec un tableau de Cézanne sous le bras. Une amitié naît lors de cette rencontre.

1972 Malade, il se réinstalle à Morges, cesse son activité auprès de la galerie Beyeler et entame la rédaction de son journal.1981 : Il emménage à la Sarraz, village proche de son lieu de naissance au pied du Jura. Il fait de grandes balades dans la nature et peint beaucoup.

1984 Il est fait Chevalier de l’Ordre des arts et des lettres.

1997 Il crée la Fondation Jean et Suzanne Planque avec quelques amis, proches et spécialistes.

1998 Il décède le 27 août, victime d’un accident de la route.


> Jean et Suzanne, années 1970

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