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La collection
« Ma vie = tableaux. Cela depuis que je suis très jeune. Mieux que la musique qui m’est pourtant si chère, le tableau s’impose à moi avec brutalité dans sa totalité et je pressens. Je pressens le mystère, ce qui ne peut être dit ni à l’aide de la musique, ni à celle des mots. Immédiate préhension. Chose émotionnelle. Possession de tout mon être. Je suis en eux et eux en moi. Tableaux ! »
Jean Planque
> Vue de la chambre de Jean Planque à La Sarraz, Photo Luc Chessex, 1998


S’il acquiert déjà quelques œuvres alors qu’il commence à gagner sa vie grâce à son invention agricole, c’est surtout son travail auprès de Beyeler mais aussi les amitiés qu’il noue avec les artistes qui permettent à Jean Planque de constituer sa collection.
Certaines pièces invendues à la galerie mais sélectionnées avec passion par ce dénicheur de « tableaux lourds » font finalement le bonheur de cet autodidacte qui se fait alors payer en tableaux de temps à autre. Il n’y a pas chez Planque de recherches précises de tel ou tel artiste, ni de telles époques ou techniques, mais une émotion toujours qui guide l’acquisition, et la rencontre, l’échange avec son créateur.
On retrouve, dans cet ensemble d’environ 300 peintures et dessins, ainsi que quelques 400 gravures, les premiers intérêts du collectionneur pour la figuration, mais également des artistes Suisses, des cubistes, les non-figuratifs des années 50, Picasso et Dubuffet qui sont très présents dans cette collection, mais encore l’école espagnol ou des artistes qu’il a connu à la fin de sa vie et dont certains ont ensuite fait des dons à la fondation enrichissant la collection d’œuvres plus contemporaines, mais toujours dans l’esprit de Jean Planque.
> Walter Schüpfer, Vœux à Jean Planque, 1956
Mais, dans ces choix, c’est l’œil du peintre qui oriente Planque, et non les modes ou un quelconque calcul. Planque est amoureux de ses tableaux, il vit pour eux, chacun d’eux doit le nourrir comme le ferait un champ de patates. Ses origines modestes et protestantes contrarient son attirance première pour cette nourriture spirituelle non absolument nécessaire. Seule la dévotion totale devant l’œuvre lui permet de justifier ces achats, pour le compte des autres surtout mais également un peu pour lui finalement, malgré lui. Mais il n’achète que des œuvres fortes, qui ne sont pas les plus faciles, pas les plus « jolies », il déteste d’ailleurs ce terme pour qualifier une œuvre. Il est attiré par des œuvres parfois un peu dures, qui ne se laissent pas lire au premier regard, qui sont exigeantes, voir perturbantes au point qu’il lui arrive de retourner certaines toiles face contre mur pour atténuer cette présence trop envahissante pour l’hyper-sensible qu’il est.
> Vue de l’appartement de La Sarraz, Photo Luc Chessex, 1998

Kosta Alex
(1925-2005)

> Kosta Alex, Homme au chapeau, 1963, Bronze, 96 x 34 cm
Jean Planque rencontre cet Artiste américain d’origine grecque vers 1958-1959 à Paris où ils vivent tous les deux.
Aloïse
(1886-1964)

> Aloïse, Bonaparte, 1972, Craies grasses sur papier, 100 x 80 cm
C’est par l’intermédiaire de Jean Dubuffet que Planque rencontre l’univers d’Aloïse et celui de l’art brut auquel, à vrai dire, il n’adhère qu’à moitié.
Auberjonois
(1872-1957)

> René Auberjonois, La chasse dans les marais, 1920, Huile sur toile, 46,2 x 38,2 cm
En 1942, ayant découvert au marché aux puces de Lausanne, une toile non signée qu’il croyait être de la main d’Auberjonois, Planque eut le courage d’aller frapper à la porte du peintre afin de lui demander s’il ne s’était pas trompé.
Jean Bazaine
(1904-2001)

> Jean Bazaine, Espagne, 1954, Huile sur toile, 19 x 24 cm
Aux yeux de Planque, Jean Bazaine appartient à cette famille de peintres qui ont su assimiler la leçon de Cézanne, celle, notamment, qu’il a donnée dans ses dernières aquarelles « qui ne sont faites que de taches de couleurs… ces miracles lumineux qui évoquent, qui suggèrent, qui obligent le spectateur à aller au-delà, à continuer l’œuvre apparemment inachevée ».
Hans Berger
(1882-1977)

> Hans Berger, Du vert, 1965, Huile sur toile, 80 x 100 cm
Jean Planque rencontre Hans Berger en 1957 à l’occasion d’une exposition à la galerie Beyeler. Il a quarante-sept ans, le peintre en a soixante-quinze.
Roger Bissière
(1886-1964)

> Roger Bissière, Vert et noir, 1954, Huile sur toile, 65 x 54,2 cm
« J’aime l’œuvre de Bissière. Elle me parle. En elle je me trouve, sans problème. Les références sont toutes en rapport avec la vie, la nature. C’est toujours un chant de grâce rendu à la vie, à la nature. » Jean Planque, Journal, décembre 1973.
Pierre Bonnard
(1867-1947)

> Pierre Bonnard, L'escalier du Cannet, 1946, Huile et crayon sur panneau de bois, 41 x 33 cm
« Bonnard, c’est l’émerveillement, la couleur, la lumière dévorante, déformante. C’est d’une intensité de vie miraculeuse sans aucune difficulté d’approche. On est saisi par cette irréalité lumineuse, ce bonheur de l’œil, ce monde extraordinairement vrai, bonheur de vivre et de voir. » Jean Planque, Journal, décembre 1973.
Georges Braque
(1882-1963)

> Georges Braque, Souvenir du Havre, 1912, Huile sur toile, 22 x 27 cm
« Je possède un seul tableau de Braque. Un tout petit tableau cubiste, de 1911, Souvenir du Havre. D’une rare qualité. » Jean Planque, Journal, septembre 1973.
Paul Cézanne
(1839-1906)

> Paul Cézanne, Environs d'Aix, vers 1902, Aquarelle et mine de plomb sur papier vélin, 48 x 59 cm
Sans conteste, dans la hiérarchie des préférences de Jean Planque la figure de Cézanne trône au sommet.
Antonì Clavé
(1913-2005)

> Antonì Clavé, Poisson noir, 1960, Huile et collage sur panneau, 91,5 x 73 cm
Planque éprouva dès sa première rencontre avec Antonì Clavé une vive sympathie pour le peintre catalan.
Roger de La Fresnaye
(1885-1925)

> Roger de La Fresnaye, Le Pont de Meulan, 1911-12, Huile sur toile, 60,5 x 72,6 cm
C’est la clarté de sa palette et le sens de l’équilibre cézannien qui séduisent Jean Planque dans la peinture de Roger de La Fresnaye.
Edgar Degas
(1834-1917)

> Edgar Degas, Deux femmes au bain, vers 1895, Pastel en trois morceaux de papier réunis contrecollés sur carton, 58 x 77 cm
Planque apprécie chez Degas son sens aigu de l’observation, la brutalité des cadrages et le non conformisme d’une approche isolant motifs et personnages afin de leur donner plus d’expression.
Robert Delaunay
(1885-1941)

> Robert Delaunay, Tour Eiffel, 1928, Colle sur carton, 50,4 x 33, 8 cm
« Nous fîmes, Beyeler et moi, une exposition Robert Delaunay dans les années 66-68. Sans succès. Sonia nous avait prêté tout ce que nous voulions. C’est à l’occasion de cette exposition et pour me remercier de la peine que je m’étais donné que Sonia me donna la Tour Eiffel que je possède et qui a servi à faire l’affiche de l’exposition de Bâle. Sur carton, gouache, très belle. » Jean Planque, Journal, septembre 1973.
Sonia Delaunay
(1885-1979)

> Sonia Delaunay, Finlandaise, 1907, Huile sur toile, 40 x 23 cm
Jean Planque rencontre Sonia Delaunay au milieu des années cinquante et entre de plain pied dans cette œuvre qui a rompu toute attache avec l’univers figuratif.
Jean Dubuffet
(1901-1985)

> Jean Dubuffet, Téléphoniste I, 1964, Vinyle, traces de crayon sur papier vélin, 67 x 50 cm
Jean Planque se plaisait à dire que sa rencontre avec Jean Dubuffet avait été la plus fructueuse de toute sa vie. « Il m’a tout appris », répétait-il volontiers.
Raoul Dufy
(1877-1953)

> Raoul Dufy, Paysage à l'Estaque, 1908, Huile sur toile, 65,3 x 54,5 cm
La présence de deux œuvres de Raoul Dufy au sein de la collection de Jean Planque s’explique non seulement par l’attachement très tôt marqué à cette œuvre mais aussi par le fait que le collaborateur de la galerie Beyeler participa activement à la divulgation de cette œuvre, notamment lors de l’exposition qui eut lieu en 1957 dans les locaux de la Baumleingasse, à Bâle.
Sorel Etrog
(1933-2014)

> Sorel Etrog, Ritual Head, 1959, Assemblage de bois peints, 86 x 56 cm
Devant plusieurs dessins de Sorel Etrog découverts dans une collection privée, Planque fut immédiatement sensible à la violence douloureuse de ces images qui reprennent la structure formelle de Guernica et en transposent le thème afin de traduire le destin tragique de leur auteur.
Lélo Fiaux
(1909-1964)

> Lélo Fiaux, La liberté, 1945, Huile sur toile, 46 x 55 cm
Planque ne pouvait manquer de croiser à Lausanne dans les années de guerre Lélo Fiaux, peintre de talent et figure haute en couleurs, contrainte de revenir au pays, en 1939, au moment où le conflit éclate.
Sam Francis
(1923-1994)

> Sam Francis, Sans titre, 1959, Gouache sur papier vélin, 14,4 x 8,1 cm
Jean Planque rencontre Sam Francis en 1959, à New York, où il est envoyé pour le compte de Beyeler. A cette occasion il acquiert pour la galerie une cinquantaine de petites gouaches.
Claude Garache
(né en 1929)

> Claude Garache, Épigée rouge, dos, 2004, huile sur toile, 92 x 73 cm
Jean Planque n’a pas connu les figures de Claude Garache. Mais il ne fait aucun doute que, devant elles, il aurait été saisi de cette attention intense, quasi religieuse, qui caractérisait son regard dès qu’il était mis en alerte par le secret de telles images.
Paul Gauguin
(1848-1903)

> Paul Gauguin, Portrait d'une tahitienne, vers 1891, Fusain sur papier vergé Ingres, 34 x 26,5 cm
L’existence de Gauguin qui avait commencé par être agent de change et collectionner de tableaux avant de se vouer à la peinture, sacrifiant tout bien-être à l’accomplissement de sa passion ne pouvait manquer de fasciner Jean Planque.
Augusto Giacometti
(1877-1947)

> Augusto Giacometti, Etude de couleurs (Der Fussboden meines Ateliers), 1919, Gouache sur papier velin, 11,7 x 11,7 cm
Augusto Giacometti passe pour un “précurseur du tachisme”, voire pour le “pionnier de la peinture abstraite” ; en effet, ses premiers essais remontent à 1899, lorsque, visitant le musée de Cluny à Paris, il réalise un pastel d’après un vitrail médiéval exposé là.
Juan Gris
(1887-1927)

> Juan Gris, Sans titre (La cafetière et le journal), 1916, Gouache et mine de plomb sur papier vergé, 32,9 x 24,7 cm
Il existe plusieurs dessins au crayon datés de 1916 agençant sur une table les mêmes objets : cafetière, moulin à café, tasse et carafe.
Simon Hantaï
(1922-2008)

> Simon Hantaï, Composition orange et noire, 1958, Huile sur toile, 98 x 74,8 cm
C’est à la fin des années 50, à la recherche de jeunes peintres intéressants pour le compte de la galerie Beyeler que Jean Planque découvre Hantaï : « Je me souviens de cette révélation, Hantaï. Vu ces tableaux dans une librairie-galerie, avenue Victor-Hugo, chez Fournier, aujourd’hui rue du Bac. Tableaux surréalistes. Très extraordinaires. Tumulte et multitude de formes enchevêtrées, têtes, personnages. Ou abstraits. Formes seules. Traits fulgurants. J’achetai deux tableaux pour moi. J’en ai encore un. » Jean Planque, Journal, septembre 1973.
Alexandre Hollan
(né en 1933)

> Alexandre Hollan, Le grand Chêne, 2006, Acrylique sur toile, 142 x 184 cm
Alexandre Hollan est le dernier artiste que Jean Planque ait découvert. L’œil attiré par un fusain qui était accroché au mur, il s’enquit aussitôt du nom du peintre et manifesta le désir de le connaître.
Earl Kerkam
(1891-1965)

> Earl Kerkam, Nu, 1952-1953, Aquarelle et pastel sur papier, 44,6 x 36,8 cm
Planque rencontra Kerkam, en 1951, à la Grande Chaumière où, revenu de son séjour aixois, il souhaite réapprendre à dessiner : le Suisse est fasciné par cet homme dévoué à son art au point de ne faire attention ni à son confort ni à sa mise. Il était surtout impressionné par la sûreté avec laquelle cet artiste réussissait à cerner sa figure à l’aide d’un trait franc, conduit rapidement et à peine repris.
Paul Klee
(1879-1940)

> Paul Klee, Architektur in Orient, 1929, Aquarelle et crayon sur papier, 24,5 x 31,5 cm
Planque considère l’œuvre de Klee, découverte à Bâle vers 1930, comme l’une des plus hautes du XXe siècle dans la mesure où elle lui semble capable de dépasser le drame historique et le moi individuel pour faire ressentir à travers un langage particulier, modeste, nullement autoritaire, une magie qui séduit et relie.
Henri Laurens
(1885-1954)

> Henri Laurens, Guitare, 1917, Papiers collés, fusain, craie sur papier vélin, 22,6 x 28,5 cm
L’amour de Planque pour le cubisme explique la présence de Laurens dans sa collection. Si l’artiste est l’une des figures les plus discrètes du mouvement, il n’en est pas la moins habile.
Fernand Léger
(1881-1955)

> Fernand Léger, La rose et le compas, 1925, Huile sur toiile, 65 x 50,3 cm
Planque s’est immédiatement senti attiré par le naturel de Léger. Lors de sa collaboration avec la galerie Beyeler, il a beaucoup fait pour l’œuvre de cet artiste, aidé en cela par l’intérêt que la ville de Bâle, ses collectionneurs et ses musées ont su très tôt manifester à l’artiste.
Alfred Manessier
(1911-1993)

> Alfred Manessier, Arma Christi, 1952, Huile sur toile, 33 x 55 cm, Donation Dr. Michel Pfulg, 2026
La rencontre avec l’œuvre d’Alfred Manessier remonte à 1952 et ouvre une nouvelle page dans la vie du collectionneur dans la mesure où cet ensemble de toiles non figuratives lui fait prendre conscience de la modernité.
Henri Michaux
(1899-1984)

> Henri Michaux, Emmanuel, 1953, Aquarelle sur papier, 49 x 31,5 cm
La présence d’une aquarelle d’Henri Michaux au sein de la collection Planque ne doit pas surprendre si l’on songe à l’intérêt que le collectionneur n’a cessé de porter aux œuvres où le tracé d’une écriture joue un rôle primordial, comme chez Klee, Hantaï, Dubuffet ou Tobey, pour ne citer que quelques artistes retenus par lui.
Manolo Millarès
(1926-1972)

> Manolo Millarès, Composition noire, 1960, Encre sur carton, 50 x 65 cm
Manolo Millarès fut parmi les premiers artistes à molester la surface de sa toile, à la déchirer, à la charger de matériaux pauvres et incongrus, afin de trahir la misère d’une terre, la révolte d’un être.
Joan Miró
(1893-1993)

> Joan Miró, Vers la gauche, 1968, eau-forte, aquatinte et carborundum, 73 x 104 cm
Claude Monet
(1840-1926)

> Claude Monet, Le mont Kolsaas, Norvège (Tempête de neige), 1895, Huile sur toile, 65 x 100 cm
Jean Planque a contribué à la reconnaissance de l’œuvre tardive de Monet, longtemps considérée comme secondaire et fruit du travail d’un homme à la vision déformée.
Pablo Palazuelo
(1916-2007)

> Pablo Palazuelo, Mirabras, 1958, Huile sur toile, 38 x 45, 9 cm
Avec Palazuelo Planque atteint au point extrême de sa relation à l’abstraction dans la mesure où, dans ce cas, la peinture ne manifeste plus la moindre subjectivité qui pouvait encore le retenir, par la séduction des matières, chez Tapiès, par un geste admirablement tracé, chez Hantaï ou de Staël, ou encore par la suggestion des formes chez Ubac ou Manessier.
Pablo Picasso
(1881-1973)

> Pablo PIcasso, Le sauvetage, 1933, Huile sur toile épaisse, 73 x 92 cm
Jean Planque a rencontré pour la première fois Picasso le 5 juillet 1960, jour de son cinquantième anniversaire. Envoyé par la galerie Beyeler, il est alors en route pour La Californie avec un tableau de Cézanne sous le bras, une toile fortement restaurée qu’il sait que le maître n’achètera pas…
Odilon Redon
(1840-1916)

> Odilon Redon, Composition profil et roue, Personnage assis, 1910-1915, Pastel et crayon sur papier ardoise, 40,8 x 49,2 cm
Dans l’œuvre de Redon, Planque s’intéresse moins au contenu symboliste qu’à la magie du peintre, lequel, à l’aide de quelques coups de pinceau, possède le pouvoir mystérieux d’élargir les horizons de la sensation et de la pensée.
Hans Reichel
(1892-1958)

> Hans Reichel, Poissons, 1953, Aquarelle et gouache sur papier journal marouflé sur carton, 16,2 x 25,1 cm
C’est à la faveur des expositions préparées par la Galerie Jeanne Bucher que Jean Planque a pu se familiariser avec l’œuvre de Hans Reichel, peintre allemand, qui fut dans les années vingt proche de Rainer Maria Rilke et de Paul Klee.
Pierre-Auguste Renoir
(1841-1919)

> Pierre Auguste Renoir, Jeune Femme au béret, vers 1893, Sanguine, 58,5 x 42,6 cm
« […] un jour, enhardi, j’ouvris la porte de la galerie Vallotton, au Grand-Chêne – car je regardais les tableaux chaque fois que je passais devant la boutique – demandant le prix d’un tableau assez grand, tout en largeur, des roses si belles, et combien désirables, combien j’avais envie de vivre en compagnie de ce tableau. 3600 francs me fut-il répondu. Il s’agissait d’un tableau de Renoir et c’est bien certainement la première fois que j’entendais prononcer ce nom. » Jean Planque, Journal, août 1973.
Georges Rouault
(1871-1958)

> Georges Rouault, Jeune Pierrot, n.d., Huile sur carton, 26,6 x 22,2 cm
La passion de Jean Planque pour l’œuvre de Georges Rouault est précoce puisque, en 1942 déjà, il consacre les premiers bénéfices obtenus grâce à son invention de nourriture pour les cochons, à l’achat, auprès de la galerie Vallotton de Lausanne, d’une petite huile de ce peintre.
Walter Schüpfer
(1903-1972)

> Walter Schüpfer, Nature morte au poivron, 1939, Huile sur toile, 32 x 50 cm
Bon vivant, sûr de lui hâbleur, aimant le vin et les femmes, Walter Schüpfer est l’exact opposé de Jean Planque, mais il est une figure capitale de son destin. C’est lui, en effet, qui initie le Vaudois à l’aquarelle et l’incite à fréquenter musées et galeries quand ils se rencontrent à Bâle à la fin des années vingt.
Louis Soutter
(1871-1942)

> Louis Soutter, Pont du Rialto, 1923-1930, Encre sur papier, 17,5 x 22 cm
S’il n’a pas cherché à connaître personnellement Louis Soutter, qu’il aurait fort bien pu croiser à Lausanne à la fin des années trente, Planque professait pour cette œuvre une grande admiration et un immense respect.
Nicolas de Staël
(1914-1955)

> Nicolas de Staël, Sans Titre, 1944, Huile sur toile, 60 x 81 cm
Que toute référence au monde extérieur ait disparu de ses œuvres à partie de 1943 n’a jamais incité Nicolas de Staël à se considérer comme un artiste abstrait. Au contraire, il revendiquait avec conviction son appartenance à la figuration, mais à une figuration non plus mimétique mais poétique, manifestée dans l’acte de peindre. Jean Planque n’a jamais séparé dans son esprit la première période du peintre de celle qui l’a suivie.
Antoni Tapiès
(1923-2012)

> Antoni Tàpies, Gris avec bande transversale claire, 1960, Peinture au sable sur toile, 65 x 54 cm
« Rien ne m’avait frappé hors un tableau qui me fascina. Quelques années après, travaillant pour Beyeler, je passais rue de Seine et en vitrine, chez Stadler, il y avait un tableau qui immédiatement me remémora celui vu à Genève. Je savais et je sentis en moi la même émotion, la même fascination. J’entrai. Et cette exposition qui durait depuis bien quelques jours n’avait aucun succès. Nous achetâmes environ une vingtaine de tableaux de ce peintre. » Jean Planque, Journal, 7 octobre 1973.
Mark Tobey
(1890-1976)

> Mark Tobey, Composition, 1958, Encre, gouache, crayon sur papier, 16 x 24,5 cm
Au tout début de leur collaboration, Jean Planque signale à Ernst Beyeler l’œuvre de Mark Tobey qui n’est alors connue que de quelques amateurs européens. En 1956, il recommande encore au Bâlois, qui se rend à New York d’aller visiter l’atelier de cet artiste.
Francisco Toledo
(1940-2019)

> Francisco Toledo, Composition avec figures, vers 1960, Technique mixte sur toile, 92 x 73 cm
Jean Planque a découvert Francisco Toledo à la première exposition que l’artiste mexicain, alors âgé de 23 ans et encore totalement inconnu, fit en 1962 à la galerie Flinker de Paris.
Raoul Rodolphe Ubac
(1910-1985)

> Raoul Ubac, Piège I, 1956, Gouache sur papier, 48,5 x 64,2 cm
« Ubac a horreur de ce qui brille ». Cette remarque de Georges Limbour, extraite d’un article qu’il consacre à Raoul Ubac dans la revue L’Œil, en mai 1957, correspond tout-à-fait aux choix éthiques et esthétiques de Jean Planque.
Félix Vallotton
(1865-1925)

> Félix Vallotton, Paysage composé avec trois figures, 1923, 65 x 81 cm
Jean Planque éprouvait pour la peinture de Vallotton des sentiments mélangés. Il admirait chez ce compatriote la tension de ses images, cruelles, sans concession, obtenues avec une maîtrise de ses moyens techniques extraordinaires.
Vincent Van Gogh
(1853-1890)

> Vincent Van Gogh, Bouquet de fleurs, 1886, Huile sur toile, 65 x 35,2 cm
L’acquisition de ce Bouquet de fleurs de Van Gogh touche à la légende. Jean Planque était certain qu’un jour un miracle arriverait dans sa vie de chercheur de tableaux. En 1959, une dame, avec qui il avait déjà traité, lui demande si une toile de Van Gogh l’intéresse.
Maria Elena Vieira da Silva
(1908-1992)

> Maria Elena Vieira da Silva, La bibliothèque, n.d., Lavis et gouache sur papier marouflé sur toile, 38,6 x 28,6 cm
Jean Planque découvre l’œuvre de Maria Elena Vieira da Silva à la galerie Jeanne Bucher, où l’artiste a très vite été accueillie et qu’elle retrouve toujours aussi généreuse à son égard après la guerre, à son retour du Brésil.
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